Gervais Aumeran, cap vers les Jeux paralympiques 2028
Atteint d’un cancer des os durant l’enfance, Gervais Aumeran a construit un parcours marqué par la résilience et la détermination. Installé à Tubuai depuis plus de dix ans, le rameur polynésien s’est imposé parmi les références du parava’a international, avec plusieurs titres mondiaux à son actif. Désormais engagé sur le circuit international de paracanoë, il poursuit un objectif ambitieux : décrocher une qualification pour les Jeux paralympiques de Los Angeles 2028, avec le soutien d’Air Tahiti Nui.
Peux-tu te présenter, ton parcours humain et sportif ?
« J’ai 33 ans et je suis papa de trois enfants. Je suis originaire de Mataiea et je vis à Tubuai depuis 2013. À l’âge de 10 ans, j’ai été touché par un sarcome d’Ewing, un cancer des os. J’ai passé une grande partie de mon enfance en France pour suivre des traitements. Cette épreuve a forcément marqué mon parcours humain, mais elle m’a aussi appris à ne jamais abandonner. J’ai commencé le va’a assez tard, à l’adolescence. Pendant longtemps, je ramais uniquement avec les valides et je refusais de pratiquer le parava’a. Je n’étais pas encore prêt à accepter mon handicap. Ce sont ma famille et mes proches qui m’ont progressivement encouragé à franchir ce cap à partir de 2020. Très vite, les résultats sont arrivés. En 2023, j’ai remporté la médaille d’or en VL3 lors des championnats du monde marathon aux Samoa. Puis, en 2024, aux championnats du monde de vitesse à Hilo, j’ai décroché quatre médailles d’or : deux en individuel et deux en V6. Ces performances m’ont donné encore plus de motivation pour continuer à progresser. »
Ton actualité du moment ?
« Depuis 2025, j’ai choisi de me tourner vers le circuit international de paracanoë afin de viser le plus haut niveau. J’ai participé aux sélections françaises sur 200 mètres, qui se sont très bien passées pour moi. J’ai ensuite disputé une Coupe du monde ICF en Pologne, où j’ai réussi à atteindre la finale et à terminer à la 8e place. Quelques mois plus tard, j’ai rejoint l’équipe de France pour un stage de préparation avant les championnats du monde en Italie, où je termine 5e de la finale B. Cette saison 2026 est déjà bien lancée. Je repars prochainement en Allemagne pour une Coupe du monde, puis au Portugal pour les championnats d’Europe. En parallèle, je continue aussi le parava’a, avec les championnats du monde prévus à Singapour au mois d’août. »
Quels sont tes projets à moyen et long terme ?
« L’objectif principal reste clairement les Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028. Le projet est ambitieux, mais il reste accessible avec beaucoup de travail et de régularité. L’année 2027 sera déterminante pour la qualification. Au-delà des résultats, j’aimerais aussi montrer qu’il est possible de transformer les épreuves de la vie en force. Si mon parcours peut inspirer des jeunes ou des personnes en situation de handicap à croire en leurs capacités, alors ce sera déjà une belle réussite. »
Un dernier mot ?
« Être ambassadeur d’Air Tahiti Nui représente beaucoup pour moi. C’est une façon de faire rayonner notre culture et notre savoir-faire à l’international, mais aussi d’encourager notre jeunesse à être fière de son identité et à porter haut les couleurs du Pays. Je tiens également à remercier tous les partenaires qui me soutiennent : Air Tahiti Nui, la Direction de la Jeunesse et des Sports, la Fédération Polynésienne des Sports Adaptés et Handisport, le Comité Olympique de Polynésie française, le Comité des sports de Tubuai, Olistorm, le ministère des Sports et Viper Va’a. Nous avons la chance de vivre dans un petit coin de paradis, et il est important de le préserver. Enfin, je terminerai avec cette phrase qui me guide au quotidien : ‘Ne compte pas combien de fois tu tombes, regarde plutôt combien de fois tu te relèves’. »